Il est temps.
Temps pour moi de venger ma famille, mes amis, mon village.
Temps de pourfendre cet ennemi dont tout le monde parle et dont tout le monde à peur.
Je n'ai plus rien à perdre.
Il fait nuit. Le ciel est strié de nuages noirs et gris. La lune est pleine, à moitié dissimulée derrière la brume.
Au loin, le Chateau du Comte Van Helian apparait, ces hautes tours se dressant fièrement vers le firmament. Des nuées de petites créatures sont visibles, voltigeant autour des remparts et des donjons. Des chauves-souris.
Le Chateau surplombait une vallée, dressé à même une grande colline. On pouvait y accéder par plusieurs endroits, mais tous étaient à découvert. Je ne comptais point me cacher.
J'ai un avantage au contraire de mes semblables mortels. Je sais me battre. J'ai déjà combattu des Vampires...car le Comte en ait un. Et j'en ai tué. Et des goules. Et des zombies...
Celui là s'ajoutera à mes victimes. Suis-je fou? probablement.
Une denrière fois je lève ma grande épée. La lame en argent scintille. Je la tint fermement et l'embrassai avant de la rengainer. M'enveloppant dans mon manteau en cuir noir aux motifs dorés, je me dirigeais promptement vers la demeure de mon adversaire.
Plus j'avançai, plus les détails du chateau étaient visibles. Ainsi, je vis la herse levée et le pont-levis abaissé. M'attendait-il? Fort probable. Je voyais également des silhouettes aller et venir sur les remparts. Humains, mercenaires, goules, gardes? Aucune idée. Peu importe, s'ils s'interposaient, ils mourraient.
Certains doivent posséder des arbalétes ou bien des arcs, mais je ne crains pas cela; mon médaillon me protége et des sorts et des traits.
Sans appréhension je m'approchai du pont levis et levai les yeux au ciel. Les chauves-souris hurlaient, des bruits stridents, battant des ailes à une allure folle. Certaines piquèrent vers moi. Je dégainais mon épée et la fit tournoyer. Des cris rententirent, et des morceaux de chairs s'envolèrent...des corps tombèrent au sol dans un bruit mat. Aucune autre ne tenta sa chance. Sept des leurs jonchaient le sol.
Des torches sont dressaient ici et là le long du pont. Et certaines bougent sur les remparts, sans aucun doute tenues par des sentinelles.
Sans hésitation je pénétrai dans la Cour. Deux individus me dévisagèrent. Ils avaient un visage sombre, d'une couleur verdâtre, relativement foncés. Des sortes de zombies. Ils ne tentèrent même pas de m'interposer; Etrange.
En face de moi, l'énorme donjon se levait, mençant et obscur. Les pierres étaient peintes en noir. Il n'y avait aucune fenêtre. Ainsi, le Comte pouvait aller et venir de nuit comme d ejour.
Seule une porte était visible. Encadrée par deux lanciers. Des humains cette fois. Mercenaires probablement. Je m'approchai d'eux. Ils se dévisgaèrent et s'écartèrent. Comme par magie, la porte pivota sur ses gonds.
Un étroit couloir me faisait face. Des tableaux étaient accrochés aux murs, représentant des portraits. Sans doute les anciens propriétaires.
Des escaliers en colimaçon me firent face. Je montai sans hésiter, directement au denrier étage.
Et là...j'ouvris la porte.
Cette fois, j'étais méfiant. Même en étant allé directement en haut, je n'avais croisé personne. C'était étrange. Je m'attendais à un piège.
La pièce dans laquelle je pénétrais étant immense, soutenu par des colonnes aux allures gothiques et rondes. Un chemin tapissé d'un tapis rouge écarlate, bordé de pics sur lesquels étaient empalés des têtes aux yeux exhorbités, menait à une sorte de trône en marbre sur lequel était assis le Comte.
Je m'appochai furtivement, mais à découvert, conscient qu'il savait que j'étais là.
Mais plus j'approchai, plus quelque chose clochait. La silhouette ne bougeait pas. Piège? Je ralentis.
Puis je compris.
Le Comte n'était plus qu'un amas de chair aux traits ridés. Une dague était enfoncé dans son coeur. Je me détendis, abaissais mon arme et aperçut alors une ombre surgir de derrière le trône. Je relevais aussitôt mon épée.
"Du calme, mon frère" fit alors une voix que je ne connaissais que trop bien "je ne te veux aucun mal..."
J'hésitai. Je voyais cette étrange créature aux formes rondes et généreuses, portant une robe d evelours rouges écarlates, ombant à ses pieds et ne dissimulant nullement ses formes.
"Elianne?"fis-je en pensant à ma soeur.
La créature avança. Et je la reconnus. oui, il s'agissait de ma soeur. Ma tendre soeur, disparue, après le massacre des habitants de mon village...ma soeur que l'on disait tué et qui n'était qu'en fait là, devant moi, bien vivante...Mais a la peau pâle. Je frissonnai.
"Tu es?" commençais-je.
Elle opina.
"Il m'a violée et enlevée...Il est tombé amoureux de moi. Résultat, il ma laissé la vie...mais m'a transformée en vampire."
Elle prit le corps et le projeta sans douceur au sol. Il paraissait un pantin, une fois au sol. Eliane s'assit lourdement sur le fauteuil, en poussant un soupire.
"Tue moi fère...Je ne pourrais plus jamais mener une existence comme avant..."
Je levai mon épée...je la dévisageai droit dans les yeux; mon coeur fit un bond...Non ! Je ne pouvais pas.
"Va y!" Hurla Eliane.
J'abaissai lentement mon épée.
"Tue moi! Je suis un monstre!" Aboya ma soeur
je secouai négativement la tête
"Non...je ne le puis...Demande à quelqu'un d'autre..."
Sur ce, je tournai les talons et m'en fut. Je sentis Eliane se raidir dans mon dos...prêtes à bondir, pour venir chercher sa mort...Mais elle ne fit rien.
Je ressortit du chateau en silence, tête baissée.
La nuit était belle. Les chauves-souris avaient disparus.
je m'éloignais...